Se redéfinir, encore et toujours | Redefining ourself again and again

(English below)

Vous savez ce que j’apprécie le plus de la vie? Le changement. Le mouvement constant, l’évolution des situations, l’apparition d’opportunités, le renouveau. Le changement signifie pour moi l’équilibre, puisque le statu quo m’épuise, la routine me mine. C’est probablement pour cette raison que j’ai changé de carrière, déménagé à maintes reprises et voyagé encore plus.

Dernièrement, une nouveauté me met au défi. Ma capacité d’adaptation est sur la corde raide. Depuis notre décision de revenir au Québec, notre réalité familiale a drôlement évolué. Nous avons maintenant ce que nous désignons comme un « chez-nous ».  Une maison.

Ce camion-maison n’est pas adapté pour la neige.

Plus de trois ans à temps plein sur la route a fait naître des besoins et lorsque ceux-ci se font entendre, il est important de les écouter. Alors les voici.

  • Les enfants rêvaient d’avoir une maison, une chambre et chacun leur lit. Fiston, grand lecteur, souhaitait pouvoir accumuler des livres. Parce qu’une liseuse c’est bien, mais pouvoir tourner les pages, c’est encore mieux.
  • L’amoureux lui, c’est du côté de la cuisine que ses besoins s’exprimaient. Il voulait cuisiner à sa guise, sans contrainte d’équipement, d’espace ou d’eau.
  • De mon côté, je rêvais d’une douche avec de l’eau bouillante à profusion, un immense jardin et un bord de l’eau ensoleillé.

Mais avant un retour à la propriété, les conditions ont été établies très clairement. Avoir une maison ne signifie pas arrêter de voyager. Et pas question de passer l’hiver au froid.

Bon.

Équipés de ces attentes nous sommes revenus au Québec avec l’idée d’explorer les options, sans plan précis. C’est une superbe opportunité qui s’est présentée qui nous a fait enclencher le changement, nous sommes tombés sous le charme d’un petit coin de pays.

Tadam! Notre nouvelle maison lors de la première neige.

 

Depuis la prise de possession au début de l’automne, l’amoureux popote intensément, les préparatifs de l’immense jardin sont en cours, je profite grandement de l’eau chaude à volonté et les enfants apprécient énormément leur nouvel espace ainsi que leur nouvelle école. Parce que oui, l’éducation de nos enfants s’est aussi adaptée.

En tant que mère qui essaie d’être parfaite (pff!), je leur ai proposé de fréquenter l’école, en souhaitant silencieusement qu’ils préfèrent continuer l’instruction à la maison. Fiston, très sociable, a sauté sur l’occasion, l’envie d’avoir des amis est plus forte que tout. Fillette réticente au début a décidé d’essayer. Les deux s’y plaisent comme des poissons dans l’eau.

Alors voici donc notre nouvelle vie:

  • Une maison qui répond aux attentes des membres de notre famille.
  • Des enfants heureux d’aller à l’école.
  • Des adultes qui ont amplement le temps de faire ce qui leur plait.

La situation parfaite vous pensez?

Non.

J’ai rarement eu autant de difficulté à m’adapter. J’ai perdu tous mes repères.

Avant j’étais nomade en camion, maman à temps plein et partiellement professeure. C’était ma définition, ma raison d’être. Ça m’occupait à temps complet.

Maintenant, c’est le retour en société, répondre à certaines normes, respecter l’horaire, les obligations. C’est emménager dans une maison vide, sans meubles et recommencer à accumuler des objets. C’est se faire demander ce que l’on fait dans la vie sans être en mesure de répondre. C’est ne pas cadrer dans les cases à cocher. Et c’est se questionner toujours sur tout, pour faire les bons choix.

C’est maintenant le moment d’assumer cette partielle sédentarité, l’intégrer et redéfinir ce que je suis à l’intérieur de cette nouvelle vie. Le nomadisme demeure fondamental, voyager fait partie de nos valeurs et nous l’expérimenterons encore plusieurs mois par an. Conjuguer tous nos besoins et envies est une recherche d’un équilibre en constante mutation. Il faut exceller en adaptation.

Malgré tout, je persiste et maintiens mon affirmation, le changement constant est ce que j’apprécie le plus de la vie.

 

Vous êtes curieux de voir notre nouveau chez-nous qui en passant est meublé entièrement par du matériel de seconde main? Jetez un oeil et profitez-en pour partager notre annonce, nous aimerions bien que quelqu’un puisse en profiter cet hiver. 

 

(English)

Do you know what I enjoy most about life? Change. The constant movement, the evolution of situations, the emergence of opportunities, the renewal. Change means balance to me, since status quo and routine are exhausting to me. That’s probably why I changed careers, moved many times and traveled even more.

Recently, a change challenges me. My adaptability is tightrope. Since our decision to come back to Quebec, our family reality has changed dramatically. We now have what we call home. A house.

This house on wheels is no good for winter.

More than three years full time on the road has created needs and when these express themself, it is important to listen. So here they are.

  • The kids were dreaming of having a house, a room and their own bed. My son, a great reader, wanted to be able to store books. Because a tablet is good, but being able to turn pages is even better.
  • Lover was wishing for a full kitchen. He wanted to cook as he pleased, with no restrictions on equipment, space or water.
  • Me, I dreamed non-stop boiling shower, a huge garden and a sunny waterfront.

But before a return to ownership, the conditions were established very clearly. Having a house does not mean to stop traveling. And no way we spend the winter cold.

So.

Equipped with these expectations, we returned to Quebec with the idea of ​​exploring options without a specific plan. It was a great opportunity that came up that made us change, we fell in love with somewhere to call home.

This is it, our new house, first day of snow.

Since taking possession in early autumn, Lover is intensely cooking, the preparations for the huge garden are underway, I take advantage of the hot water at will and the kids greatly appreciate their new space and their new school. Because yes, our way to educate our kids have changed.

As a mother trying to be perfect (pff!), I offered them to go to school, silently wishing they would prefer to keep homeschooling. My very sociable son jumped on the occasion, the desire to have friends is stronger than anything. Reluctant girl in the beginning decided to try it. Both feel like fish in the water.

So here is our new life:

  • A house that meets the expectations of our family members.
  • Happy children to go to school.
  • Adults who have plenty of time to do what they want.

The perfect situation you think?

I have rarely had so much trouble adapting. I lost all my bearings.

Before I was nomad, living in a truck, a full-time mom and partially a teacher. It was my definition, my reason for being. It occupied me full time.

Now it’s back to society, meet certain standards, respect the schedule, the obligations. It is to get settled in an empty house, with no furniture and to start accumulating stuff again. It is having people asking what do you do in life?without being able to answer. It is not being able to fit into the checkboxes. And it is always questioning everything, to make the right choices.

Now what remains is to assume this partial sedentarity, to integrate it and to redefine what I am inside this new life. Nomadism remains fundamental, traveling is part of our values ​​and we will experience it again several months a year. Combining all our needs and desires is a search for a constantly changing balance. You have to be good at adapting.

I maintain my statement, constant change is what I enjoy most about life.

Are you curious to see our new home which by the way, was furnished entirely with second hand equipment? Take a look and share our ad, we would like someone to enjoy it this winter.

Rouler sa vie

Famille de 4 nomades, nous explorons le monde à bord de notre maison roulante. Family of 4 exploring the world in our house on wheels.

9 Comments:

  1. Beau cheminement, belles réflexions…
    L’implication internationale pour l’environnement?
    Un nouveau défi potentiel!

    La vie est une redéfinition fréquente,ponctuelle,nécessaire de nos choix: pour soi, pour le conjoint, pour les enfants…
    Un autre beau défi!
    On vous aime xxx

  2. Pour nous aussi après quatre ans c’était assez. Une fois que l’on a tout ce que l’on veut on n’a plus d’objectifs. Une fois que l’on a la maison parfaite, on veut la vendre et partir, une fois que l’on peut partir et aller partout on en a assez et on veut s’immobiliser. Je pense maintenant que le voyage peut facilement être une autre fuite, tout comme la fuite vers le matériel ou la fuite dans le travail. La seule chose qui nourrit vraiment à long terme et d’améliorer ce que l’on peut autour de nous.

    L’adaptation pour nous maintenant c’est de se redéfinir et de trouver c’est quoi que l’on peut faire de positif dans ce monde.

    Third world problem s’il en est un, bon ben là kessé qu’on fait.

  3. Wow, c’est le retour à la societe! Je te comprends dans ta desorientation. Bien que je n’ai pas vécu votre niveau de nomadisme, cela m’a pris plusieurs années à m’habituer a vivre entre 4 murs. Et j’en arrache encore – apres 7 ans! Votre nouveau projet me laisse avec plusieurs questions. Comment allez-vous vivre vos hivers au chaud si les enfants vont à l’ecole? De quoi vivez-vous? Où allez vous passer votre hiver cette année? Et puis, elle est où, cette maison enneigée?
    En tout cas, bonne adaptation a vous 4!

  4. He he c’est un grand changement

    Je te comprends et après ce que vous avez fait, je crois que je serais comme toi.

    J’ai bien hâte de rencontrer une femme pour le faire aussi !

    Salutation la famille.

  5. Bien oui!
    Pourquoi pas!

  6. Bon retour à la maison mais le voyage n’est pas terminé. Il chemine en vous.

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