Pourquoi partir ? | Why leave ?

(English below)

 

Je vous retourne la question, et pourquoi pas ? Pourquoi attendre ? Quoi attendre ?

L’idée de partir est présente depuis longtemps dans un coin de mon esprit. Depuis le milieu de ma vingtaine je vous dirais. Ouf, ça fait presque 15 ans…  Je vous fais une histoire courte.

  • Aux alentours de 2002. J’ai 25 ans, un bon emploi stable, un duplex sur l’île de Montréal, pas de vie amoureuse satisfaisante et je tourne en rond en ayant l’impression que mon futur sera un long fleuve tranquille jusqu’à  ma retraite. Pour me fouetter un peu, je me promets que si à trente ans rien n’a changé, je vends tout et je pars avec mon sac à dos.
  • 2007.  J’ai 29 ans, je réalise un voyage de plusieurs semaines, une sorte de pratique. À mon retour, BAM ! je rencontre l’homme de ma vie. J’ai 29 ans et demi. Nous devenons un couple qui voyage.
  • 18 mois plus tard, c’est l’arrivée de notre premier enfant. Nous devenons une famille qui voyage. Avant l’âge de deux ans, notre fils aura cumulé des dizaines d’heures de vol et visité plusieurs pays.
  • Fin du congé parental, retour au travail. Choc. La vie que nous menons ne correspond plus à nos valeurs. Montréal ne nous convient plus. Nous souhaitons aller vivre en région mais nos emplois ne s’y retrouvent pas.
  • 2010. Réorientation. Le but, être maître de notre temps et carrière. Je serai travailleuse autonome et François, propriétaire d’entreprise. Je retourne aux études pendant trois ans apprendre l’acupuncture, tandis que François achète une érablière et fait son cours en acériculture à distance.
  • 2013. Fin des études, déménagement à Lac-Mégantic en Estrie, bébé numéro deux en route. Atterrissage  dans notre nouvelle vie. Démarrage de ma clinique.
  • 2013, septembre. Réflexion sur notre façon de voyager. Afin d’avoir un rythme plus adapté aux enfants, nous acquérons un petit motorisé, un Eurovan Winnibago. C’est la piqûre.
  • 2014, janvier. Arrivée de fillette.

Notre premier motorisé, c’est la piqûre ! | Our first camper, we love this way of travelling.

 

Nous voilà à l’automne 2014. Je fais un bilan des dernières années. Notre changement de vie est réussi. Amour, famille, vie professionnelle, environnement agréable, tout y est.

L’envie de partir me reprend. Je recommence à rêver d’un long voyage. Cette fois-ci, pas pour me sauver d’une réalité que je n’aime pas, au contraire, plutôt pour en profiter. Pour profiter de ceux que j’aime, avoir du temps, vivre, créer des moments magiques remplis de découvertes. Alors je réfléchi… J’aurai quarante ans en 2017, cette année sera aussi celle de nos dix ans de couple. J’ai trouvé ma défaite ! Nous planifions un voyage de six mois, commençons à fabuler, explorer les options. Difficile de choisir une destination, la liste est trop longue. Puis, passe une bulle. Et si on partait plus longtemps ? Longtemps comment ? Juste longtemps. Et puis, pourquoi attendre en 2017 ?

Papillons dans l’estomac…

Après mûre réflexion, des soirées, des nuits à y penser. Après avoir écouté nos coeurs, après avoir consulté fiston, le choix est fait. Nous vendons tout et partons en motorisé. Quelle destination ? Aucune idée. Présentement le projet est de partir. Le chemin se tracera bien au moment opportun.

Je reviens à ma question première, pourquoi partir ? Plusieurs réponses sont possibles et elles seront bonnes pour quelqu’un, mauvaises pour d’autres. Pour ma part, je veux déconnecter afin de créer de l’espace, ouvrir mon horizon.  J’ai beaucoup de difficulté avec l’ordre établi, les structures, le système qui pousse à se conformer, à entrer dans un carcan. La norme m’effraie. Je ne veux pas d’une vie où les jours se suivent et se ressemblent. Je veux du temps, beaucoup de temps en famille, voir grandir mes enfants, leur faire découvrir une partie du monde, vivre l’aventure avec eux.

Je pourrais vous donner encore des dizaines de raisons pour justifier notre projet, mais ce n’est pas ce qui importe. L’important est de choisir. Choisir de créer notre vie rêvée, choisir de mettre de côté nos peurs et d’aller vers ce qui nous attire, nous fait vibrer. C’est ce qui compte. Parce que la vie est vraiment trop courte.

Une fois la décision prise, il faut s’arranger pour que ça arrive. Vous pouvez lire le cheminement des préparatifs dans la catégorie Vie de VR.

 

(English)

Why leave? I’ll return the question to you, and why not? Why wait? Wait for what?

The idea of leaving has tickled me for a long time. I’d say since the middle of my twenties. Phew, it’s been almost 15 years… I tell you a short story.

  • Around 2002. I’m 25 years old, have a stable job, a duplex on the island of Montreal, no satisfying love life and I’m going around in circles, feeling that my future will be a long calm river until my retirement. To challenge myself, I promise that if at thirty years nothing has changed, I sell everything and I leave with only a backpack.
  • 2007. I’m 29 years old, as a practice, I go travelling for several weeks. When I return, BAM! I meet the man of my life. I am 29 years old and half. We travel as a couple.
  • 18 months later, our first child is born. We now travel as a family. Before the age of two, our son will have accumulated dozens of flight hours and visited several countries.
  • End of parental leave, return to work. Shock. The life we ​​have no longer corresponds to our values. Montreal does not suit us anymore. We want to live closer to nature, but our jobs can’t be found out there.
  • 2010. Reorientation. The goal, to be our own boss. I will be self-employed and François, a business owner. I have gone back to school for three years to learn acupuncture, while François buys a maple farm.
  • 2013. End of studies, move to Lac-Mégantic in Estrie, baby number two en route. Landing in our new life. Starting my acupuncture clinic.
  • 2013, September. We question the way we travel. In order to have a more child-friendly pace, we acquire a small camper, a Eurovan Winnebago. We love it!
  • 2014, January. Arrival of our second kid.

 

Here we are in the fall of 2014. I am taking stock of the last few years. Our life change is successful. Love, family, professional life, pleasant environment, everything is there.

The desire to leave takes me back. I start dreaming of a long journey. This time, not for escaping from a reality that I don’t like, rather to enjoy it. To enjoy those I love, have time, live, create magical moments full of discoveries. So I think… I’ll be forty years old in 2017, this year will be the year of our ten years as a couple. Now I have a reason to go! We are planning a six-month trip, starting to fabulate, exploring the options. Difficult to choose a destination, the list is too long. Then, comes a dream. And if we leave for longer? How long? Just a long time. And why wait in 2017?

Butterflies in the stomach …

After much thought, evenings, nights to think about it. After listening to our hearts, after consulting our son, we decide. We sell everything to travel the world in our motorhome. Where? No idea. Currently the project is to leave.

I come back to my first question, why leave? Several answers are possible and they will be good for someone, bad for others. For me, I want to disconnect, to create space, open my horizon. I have a lot of difficulty with the established order, the structures, the system that pushes to comply. The standard scares me. I do not want a life where days follow and look alike. I want time, a lot of family time, to see my children grow, to discover parts of the world, to live the adventure with them.

I could still give you dozens of reasons to justify our project, but that’s not what matters. The important thing is to choose. Choosing to create our dream life, choosing to put aside our fears and go to what attracts us, makes us truly happy. That is what matters. Because life is really too short.

Once the decision is made, you have to make it happen. You can read about the preparations in the VR Life category.

 

 

 

 

Rouler sa vie

Famille de 4 nomades, nous explorons le monde à bord de notre maison roulante. Family of 4 exploring the world in our house on wheels.

9 Comments:

  1. Bonjour,

    J’ai découvert votre blogue il y a 2 jours suite à votre commentaire sur le blogue de Jean-Sébastien (le Jeune retraité). Vous avez piqué ma curiosité. Pourquoi? Car ma femme et moi commençons à préparer un changement de vie important.

    Tout comme vous, l’arrivé de notre enfant a chamboulé notre mode de vie. Après le congé de maternité, nous avons décidé de ne pas envoyer notre enfant en garderie (CPE ou autre). Ce n’est pas dans nos valeurs… Pourquoi l’envoyer à la garderie pour aller travailler 40 heures par semaine, sans oublier le transport, et ainsi voir notre enfant 30 minutes le matin et 2 heures le soir avant le coucher? Nous avons décidé que ma femme resterait à la maison pour élever notre enfant, car c’est elle qui avait le plus bas revenu. Cela dit, elle continue à travailler dans son domaine (soins infirmiers) à temps partiel avec un horaire de soir, qui nous permet de ne pas envoyer notre enfant à la garderie.

    Après un an dans cette situation, j’en ai assez d’être loin de mon enfant tous les jours, de faire 3 heures par jour en transport (autobus, métro, marche), etc. Ça fait 10 ans que j’ai terminé mes études et que je travaille pour la même entreprise (technologie financière). Nous planifions donc une année sabbatique l’année prochaine (2020) pour aller découvrir les régions éloignées du Québec… Pour commencer… Car qui sait, peut-être qu’on va aimer cette vie et continuer pendant longtemps! C’est ce que je prévois pour être honnête.

    Cela dit, nous nous posons des questions à propos de l’éducation des enfants (je dis enfant avec un « s », car nous prévoyons un deuxième). Faites-vous l’école « à la maison » (en VR dans votre cas)? Si oui, comment avez-vous planifié cela et comment ça va jusqu’ici?

    Merci beaucoup de partager votre vie de nomade. Je constate dans vos textes et dans les commentaires de votre blogue que c’est possible de décrocher de la routine et du « moule » de notre société…

    Je vais continuer de parcourir/découvrir votre blogue.

    Au plaisir,
    R101

    • J’ai finalement essayé l’outil de recherche et je suis tombé sur plusieurs articles que vous avez écrit à ce sujet : « L’école et la loi », « École sur la route, nos outils, notre plan », « Nos meilleures ressources en ligne pour apprendre » 🙂

      • J’ai retiré les articles concernant l’éducation et l’école puisqu’avec le changement de gouvernement et tout ce qui se passe présentement du côté de l’école à la maison, je ne suis absolument pas une référence sur le sujet.

  2. Stéphane Mathieu

    Salut la famille, je suis contant de vous avoir rencontré lors de nos courses en sentiers (François) dans les montagnes de la région de Oaxaca, Mexique. Vous êtes une famille extraordinaire.
    Comme je vous en ai parlé, en 2000 et en 2005 mon épouse et moi avons fait un peu la même chose que vous (2 x 8 mois) avec les enfants (4 et 7 ans) en roulotte. Ce fut les plus belles et solidaires années de nos vies.Une assise indéfectible. Notre richesse familiales.

    Pour répondre à la question que vous vous posée, je vous rassure, nos filles rendues adultes ont gardé ce sens de l’aventure. Elles voyages partout dans le monde plusieurs fois par année (des semaines, des mois) tout en complétant leurs études en médecine. Treks, sac-à-dos, canoë-camping, etc. Régulièrement elles se gâtent en empruntant un des 2 VR / camping-car de leur papa. En fait, je les appels les VR de la famille. Ils sont positionnés d’un bord à l’autre de l’Amérique du nord dépendamment de nos intérêts de voyages pour les prochains mois. Ma plus jeune,22, vient de passer 4 mois en »Van-Life » à Vancouver pendant sa Maîtrise. Les loyers sont tellement chers là-bas !
    À tous ceux qui hésite, rarement j’ai entendu des gens l’avoir fait et l’avoir regretté.
    Dorénavant votre plus grande richesse ne sera jamais l’argent mais plutôt votre couple et vos enfants; je le sais parce que je le vis.
    Malheureusement ma femme,49, ma fidèle compagne de vie, la maman de mes filles, est décédé en 2014 d’un long cancer. À tous, ne retardez pas plus votre départ car la vie est trop courte pour la perdre à » j’aurais donc du » ……
    Stéphane,55

  3. N’hésitez pas à continuer votre projet! Nous n’avons aucun regret. Du tout.

  4. Très jolie réflexion, j’adore ! Nous sommes aussi en train de préparer notre départ pour une vie nomade avec nos 3 enfants. Et j’aurais 40 ans aussi en 2017 !! Serait-ce notre crise de la quarantaine ? lol
    Dans tous les cas, je vous souhaite de bons préparatifs et un bon départ ! Et j’ai l’impression qu’il y a de plus en plus de familles nomades sur les routes du monde.

  5. Je partage entièrement votre vision de la vie et vos motivations à vivre autrement. Nous sommes une famille de 5 qui sommes en préparatif (vente de maison, achat d’un RV, etc.) afin de tenter la même aventure. Je dois avouer qu’à ce stade le doute m’habite encore à l’occasion, mais lorsque je lis des récits tels que celui-ci, cela me rassure dans ma décision de partir vivre sur la route avec les enfants. Merci de partager votre histoire!

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