Période de rodage terminée, notre bilan.

La fin de l’été approche, nous quitterons la province bientôt. Passer l’été au Québec nous a permis de bien s’approprier notre maison roulante, fixer les derniers détails, faire des erreurs, apprendre. Nous avions des doutes et des questionnements, qu’en reste-il ? Voici nos conclusions.

  • Notre maison est trop grosse.

Et oui. Il y a quelques haussements de sourcils quand nous statuons sur le gabarit de notre maison roulante. Trop grosse ? À quatre ? Je précise. Pour les endroits où nous voulons aller, oui elle est trop grosse, trop lourde. Nous nous en doutions mais il était trop difficile de passer d’une maison normale à quelque chose d’encore plus petit, nous pensions nous sentir à l’étroit. L’été nous a prouvé le contraire. Déjà, au Québec, il nous est arrivé de restreindre notre envie d’aller voir au bout d’une petite route parce que nous doutions de la capacité de notre maison roulante. Imaginez alors quand viendra le temps d’aller dans le désert, près d’un volcan ou sur une plage. Nous commençons à bien cerner nos besoins et prenons l’année pour explorer les options, planifier notre changement. Jusqu’à présent, notre maison roulante idéale n’existe pas au Québec, il faudra peut-être la construire ou bien en trouver une dans un autre pays.

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Un exemple de petite route que nous aimons parcourir.

  • Nous possédons encore trop mais ne manquons de rien.

Deux fois cet été nous avons éliminé des objets inutilisés. Les enfants jouent avec environ le quart de leurs jouets et nous n’avons porté que le tiers de nos vêtements. Nous attendons d’expérimenter des températures un peu plus froides pour réévaluer. Au départ, nous avions peur de manquer d’espace pour la nourriture, le frigo nous semblait minuscule. Finalement, avec une légère adaptation (du ketchup ça peut aller dans l’armoire, mais pas les carottes), nous réussissons à cuisiner et manger selon nos attentes. Certains questionnements perdurent concernant les objets que nous trimballons. Les vélos seront-ils utiles au Mexique ou en Amérique du Sud ? Avons-nous besoin de « wetsuits » longs ? Nous le saurons au fil du temps.

  • Le rythme a changé.

Fillette n’a jamais vraiment aimé aller dormir. Ça n’a pas changé, mais maintenant je ne m’obstine plus. Les enfants ont trouvé leur rythme. L’heure du coucher est beaucoup plus tard, le lever aussi (joie !). L’horaire des repas s’est placé en conséquence. Dans le fond, c’est un peu comme être en vacances, mais sans retour à la réalité. Puis, au lieu d’avoir du temps d’adulte en soirée, quand les enfants sont couchés, nous en avons le matin, quand ils dorment encore.

  •  Ne pas planifier est inconfortable mais gagnant.

Habitués à connaître, parfois des semaines à l’avance, le déroulement bien serré de nos journées, il est déstabilisant et difficile de choisir de ne pas savoir. Une seule fois pendant l’été, par peur injustifiée, nous avons réservé un emplacement de camping à l’avance. Pour tout le reste, même pendant les fameuses vacances de la construction, nos envies quotidiennes ont mené nos activités et ce fut pour notre plus grand bien ! Passer la nuit à des endroits où nous ne pensions même pas qu’il était possible d’y dormir et découvrir de merveilleux recoins de pays peu fréquentés est très satisfaisant.

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Dormir avec cette vue ? 20$ au quai de l’Anse-de-Roche à Sacré-Coeur au Saguenay.

bilan papineauville

Une autre nuit à un quai, celui de Papineauville en Outaouais, 0$.

  • C’est beau le Québec.

Nous avons roulé dans les régions de Lanaudière, les Laurentides, les Cantons-de-l’Est, la région de Québec, Charlevoix, la Côte-Nord, Chaudière-Appalaches et l’Outaouais. Beaucoup d’endroits où nous n’avions jamais mis les pieds, plusieurs jolies routes jamais empruntées. Souvent, c’était magnifique. Nous avons été éblouis mais surtout obligés d’admettre que nous prenons rarement le temps de bien découvrir et d’apprécier ce qui nous est accessible.

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Le Grand Morne de Coleraine. Un exemple de beauté à quelques kilomètres du lieu où j’ai grandi et que je ne connaissais pas.

  • Nous aimons notre nouvelle vie.

Parce que nous ne prenons rien pour acquis et qu’il est important de se permettre de se tromper, nous avons fait le point sur notre projet. Désirons-nous vraiment vivre nomades ? Nos enfants se sentent-ils toujours bien dans cette réalité ? Nous en avons discuté et la réponse est oui. Fiou !

Maintenant il est temps de partir « pour vrai », d’aller explorer plus loin. Plusieurs nous ont demandé notre itinéraire sans que nous puissions leur répondre. Nous hésitons toujours entre partir vers l’Ouest, le Sud ou l’Est, le Nord étant exclu à cause de la météo. Nous prenons maintenant quelques jours pour se faire une tête, explorer les possibilités, en gardant comme but de passer une partie de l’hiver au Mexique. Mais à vitesse tortue, la route est longue et des opportunités se présenteront certainement. À suivre.

Ah oui, j’oubliais une autre chose que j’ai bien apprise: les doutes et questionnements ne disparaissent jamais, ils mutent.

Vous avez des contacts au Mexique ?  Écrivez-nous en commentaires, nous aimerions bien les connaître.

 

 

Rouler sa vie

Famille de 4 nomades, nous explorons le monde à bord de notre maison roulante.
Family of 4 exploring the world in our house on wheels.

6 Comments:

  1. Félicitation! vous avez confiance en vous, j’admire beaucoup.
    J’embarque avec Vous ! (sur le Web) 😉
    Robin

  2. tourlou65@yahoo.ca

    Vraiment songé et super vos réflexions. Certainement pas toujours facile de brasser toutes les cartes. Soyez heureux

  3. Super intéressant!
    Je retrouve plusieurs de nos conclusions dans ton texte 🙂

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