Comment vont les enfants? | How are the kids doing?

(English below)

 

Lorsque nous avons décidé, en 2016,  de tout laisser pour vivre sur les routes à bord de notre maison roulante, une panoplie de questionnements a afflué. Sur divers sujets comme les finances ou la planification des itinéraires mais surtout à propos des enfants. Étions-nous des parents irresponsables de les déraciner, de choisir pour eux une vie alternative? Allaient-ils payer plus tard pour nos folies du moment? Serions-nous aptes à les instruire?

Parce qu’être parent c’est d’être en constante remise en question et que nous ne sommes certainement pas les seuls à vouloir offrir ce que nous croyons de meilleur à notre marmaille, voici une mise à jour à propos de l’évolution de fiston et fillette depuis les 5 dernières années. Voyez comment ils s’en sortent maintenant qu’ils ont un pied dans la sédentarité, qu’ils côtoient le système et qu’ils se frottent à la normalité.

Les enfants, cet hiver.

 

Lors de notre première année sur la route, nous avons réalisé que notre bulle familiale toujours en déplacement ne favorisait pas la socialisation. Les enfants jouaient rarement avec d’autres enfants, la gêne de ne pas parler la langue limitant les contacts. Pour contrer cette situation, nous avons choisi de demeurer à Chacala, un petit village mexicain, afin que les enfants puissent fréquenter l’école. Le but étant d’apprendre l’espagnol, ils ont aussi pu se familiariser avec l’anglais grâce à la présence d’expatriés anglophones. Puisqu’au Mexique l’école débute à 3 ans, fillette et fiston furent enrôlés pour 7 mois. Cette expérience les a grandement influencé. Ils ont gagné en confiance, ce qui favorisa l’ouverture aux autres.

 

Fiston

Âge au départ: 8 ans. il terminait sa deuxième année du primaire à l’école. 

8 ans et pas toutes ses dents.

Nous avons toujours gardé en tête que fiston voudrait un jour retourner à l’école. Il nous importait donc qu’il ne prenne pas de retard au niveau de sa scolarité québécoise. Afin d’alléger la charge de travail, nous avons choisis de consacrer nos énergies sur le français et les mathématiques, en considérant que les expériences de voyage combleraient les apprentissages de l’anglais et autres matières du primaire.

C’est en accordant environ 5 heures par semaine aux leçons en cahiers que nous avons réussi à couvrir les enseignements nécessaires. Une heure par jour, cinq fois par semaine, prenant une pause pendant le temps des fêtes et l’été. Lorsque fiston a réintégrer une classe de sixième année à l’automne 2019, il se classait parmi les plus forts. Le seul décalage ressenti concernait l’histoire. Pendant que les élèves québécois s’instruisaient à propos de Samuel de Champlain, lui visitait les pyramides mayas.

Premier jour à la polyvalente.

Maintenant à l’orée de l’adolescence, fiston souhaite fréquenter la polyvalente et c’est en partie pour cette raison que nous sommes maintenant sédentaires partiels. L’hiver n’est pas sa saison préférée mais il adore sa nouvelle vie, est très sociable et autonome, aime avoir un horaire, gérer ses responsabilités et surtout avoir accès à une grande bibliothèque. La direction de la polyvalente a même eu recours à ses services de traducteur afin d’accueillir une nouvelle étudiante colombienne.

 

Fillette

Âge au départ: 2 ans et demi.

Fillette, 2 ans et demi. Parce que les et demis c’est important.

Maintenant âgée de 7 ans, fillette a vécu sa petite enfance en cocon familial. Avec un frère de cinq ans son ainé, le plus grand défi est d’accepter de ne pas toujours pouvoir faire comme lui. Mais comme elle est très habile physiquement et que fiston est plutôt intellectuel, elle arrive parfois à lui servir une leçon. En ce qui la concerne, les effets d’une vie sur la route sont plus difficiles à cerner. Du coté des langues, elle comprend très bien mais parle peu, l’espagnol et l’anglais sont dans une même case et les mots s’entremêlent. 

Bien qu’elle ait apprécié fréquenter pendant quelques mois la maternelle québécoise, elle préfère pour l’instant l’éducation à domicile. Elle garde donc un pied dans une vie alternative et c’est avec plaisir et confiance que l’Amoureux et moi lui enseignons. La seule différence, nous sommes maintenant suivis par la direction de l’éducation à domicile et devons couvrir toutes les matières du programme.

Fillette ne se souvenait pas d’avoir joué dans la neige, elle est comblée de bonheur de passer l’hiver au Québec. Elle a rattrapé en un rien de temps tout ce qu’elle n’avait jamais pu faire. Patin, ski de fond, ski alpin, raquette (mais ça, elle n’aime pas trop). Parfois elle s’ennuie des glissades d’eau ou des vagues de la mer, elle sera partante lorsque viendra le moment de reprendre la route. 

Apprendre à maîtriser plus têtu que soi.

 


 

Je ne peux quantifier à quel point notre style de vie a modifié le tempérament de nos enfants mais je peux affirmer que cette expérience a soudé leur relation. Lorsqu’ils sont ensemble la différence d’âge s’efface, ils réussissent à créer un monde bien à eux, leur deux personnalités se complétant. Bien-sûr que fiston se plait à côtoyer les gars de son âge, mais ça ne l’empêche pas de construire un bonhomme de neige avec sa petite soeur.

Maintenant, lorsque des questionnements concernant les enfants surgissent, je suis beaucoup plus sereine. L’expérience m’a montré que nous ne les avons pas déraciné, ils ont plutôt appris à développer de nouvelles racines, sur différents territoires.

Je recommencerai sans hésitation.

 

 

(English)

When we’ve decided, in 2016, to leave everything behind and live on the roads aboard our motorhome, tons of questions poured in. On various subjects such as finances or route planning but especially about kids. Were we irresponsibles to uproot them, to choose an alternative life? Were they going to pay later for our craziness? Would we be able to teach them?

Because being a parent means being in constant rebalancing and that we certainly are not the only ones who want to give them what we believe is best, here is an update on the evolution of Son and Daughter for the past 5 years. See how they’re doing now that they have one foot in a sedentary lifestyle, rub shoulders with the system and dabble in normalcy.

Kids, this winter

During our first year on the road, we realized that our always-on-the-go family bubble was not conducive to socializing. Our kids rarely played with other children, the embarrassment of not speaking the language limiting contact. To counter this situation, we chose to stay in Chacala, a small Mexican village, so that they could attend school. The goal being to learn Spanish, they also grabed a bit of English, thanks to the presence of English-speaking expatriates. Since school in Mexico starts at age 3, daughter and son were enrolled for 7 months. This experience greatly influenced them. They gained confidence, which encouraged openness to others.

 

Son

Age at departure: 8. He was finishing his second year of elementary school.

8 years old.

We always kept in mind that our son would like to go back to school one day. It was therefore important to us that he did not fall behind in his Quebec education. In order to lighten the workload, we have chosen to devote our energies to French and Mathematics, considering that the travel experiences would fulfill the learning of English and other subjects.

It was by spending about 5 hours per week to lessons that we were able to cover the necessary. One hour a day, five times a week, taking a break during the holidays and summer. When son returned to a sixth grade class in the fall of 2019, he was ranking among the strongest. The only difference felt was in history. While Quebec students learned about Samuel de Champlain, he visited the Mayan pyramids.

First day in High school.

Now in his teens, Son wants to attend high school and that’s part of the reason we’re now partially sedentary. Winter is not his favorite season but he loves his new life, is very sociable and independent, likes having a schedule, managing his responsibilities and above all having access to a large library. The high school management even used his translator’s services to welcome a new Colombian student.

 

Daughter

Age at departure: 2 1/2.

2 and 1/2. Because 1/2 is important.

Now 7 years old, she entirely lived her early childhood in a family cocoon. With an older brother of five years, the biggest challenge is accepting that she can’t always do like him. But as she is very clever physically and that son is rather intellectual, she sometimes manages to teach him a lesson. For her, the life on the roads effects are more difficult to pin down. For the language, she understands very well but speaks little, Spanish and English are in the same box and the words are intertwined.

Although she enjoyed attending kindergarten in Quebec for a few months, she for the moment prefers homeschooling. She therefore keeps one foot in an alternative life and it is with pleasure and confidence that Lover and I teach her. The only difference, we are now coached by a homeschooling advisor and have to cover all curriculum subjects.

Daughter doesn’t remember having played in the snow, she was overjoyed to spend this winter in Quebec. She caught up with everything she had never been able to do in no time. Skating, cross-country skiing, downhill skiing, snowshoeing (but she doesn’t really like that). Sometimes she misses the water slides or the sea
waves, she will be up for it when the time comes to hit the road again.

Learn to control more stubborn than her.

 


 

I cannot quantify how much our lifestyle has changed our children’s temperaments, but I can say that this experience has cemented their relationship. When they’re together the age difference disappears, they succeed in creating a world of their own, their two personalities complementing each other. Sure, Son likes being around guys his age, but that doesn’t stop him from building a snowman with his little sister.

Now, when questions about kids arise, I am much more serene. Experience has shown me that we didn’t uproot them, they rather learned to develop new roots, in different territories.

I will do it again with no hesitation.

Rouler sa vie

Famille de 4 nomades, nous explorons le monde à bord de notre maison roulante. Family of 4 exploring the world in our house on wheels.

2 Comments:

  1. Wow, bien heureuse de ce déroulement et des constats que vous faites en famille!
    En tant qu’enseignante retraitée, je peux vous dire que l’enseignement de l’école de la vie est si merveilleux lorsque les parents se donnent la peine de voir les matières principales avec leurs enfants!
    Vive les voyages, vous imaginez à quel point vos enfants ont développé le sens des responsabilités, de l’autonomie et de la résilience?
    Comme vous dites, votre fiston n’a peut -être pas appris l’histoire des autochtones Nord Américains mais….les mayas font aussi parti de l’histoire mondiale!
    Bravo à vous d’avoir osé!

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