3 ans sur la route: réflexion | 3 years on the road: reflection

 

(English below)

En 2016, au moment d’emménager dans notre maison-roulante et de prendre la route, nous avions beaucoup d’ambition. À nous le monde! disait-on. Nous partions direction Sud avec l’idée d’aller loin, très loin.

Tout juste avant notre départ, campés dans un champs de patates.

Tout juste avant notre départ, campés dans un champs de patates.

 

Finalement, les plans ont changé.

Pourquoi? La petite histoire au fil des ans.

 

Première année sur la route

Au départ, nous voulions tout voir, ce qui eut comme résultat de beaucoup rouler. Trop rouler. 

Nous réalisons qu’avaler des kilomètres n’est finalement pas notre truc et préférons prendre notre temps. Diminuer les déplacements, s’attarder pour mieux connaître. Mais rouler moins apporte de la frustration. Il faut apprendre à accepter que ce n’est pas parce que nous sommes « juste à côté », qu’il faut y aller. Certains endroits sont mis de côté et reportés à une prochaine fois peut-être.

Conclusion de l’an 1: avaler des kilomètres ce n’est pas notre tasse de thé. 

 

Deuxième année sur la route

Prise deux, nous allons à l’autre extrême, sept mois au même endroit. C’était à Chacala au Mexique, parce que nous voulions que les enfants fréquentent une école et apprennent l’espagnol. Magnifique expérience, notre espagnol s’est beaucoup amélioré, surtout celui de fiston qui prend maintenant plaisir à nous corriger.

À notre arrivée à Chacala, campés en bordure de la plage.

Pendant ces sept mois nous n’avons pas résisté à l’appel de l’aventure et avons choisi de prendre l’avion, les vols internes au Mexique étant très abordables, pour aller explorer des coins plus éloignés comme Mérida et Oaxaca. Ces excursions nous donnent envie d’y retourner en roulant.

Notre deuxième année nous fait réalisé que le Mexique c’est mauditement grand et diversifié. Il y a bien-sûr les plages mais aussi des montagnes, des rivières, des saisons et même de la neige!

Conclusion de l’an 2: nous sommes loin d’avoir fait le tour du Mexique.

 

Troisième année sur la route

Le plan de l’année est de rouler jusqu’à un endroit souhaité et s’y installer pour quelques temps. Nous roulons jusqu’à l’état du Oaxaca pour y passer un mois. Ensuite le Yucatan, presque trois mois, dont plus d’un à El Cuyo. Objectif réussi!

Coup de coeur à El Cuyo.

 

Je croyais qu’on s’en venait bon mais finalement je ne me pèterai pas les bretelles car notre année n’est pas sans faute. Nous avons utilisé le « tant qu’à y être ».

Une fois rendus à l’autre bout du Mexique, tout au Sud, on s’est dit qu’on y resterait pour l’été ainsi que pour l’hiver suivant. Je misais sur les montagnes pour avoir une température agréable en été et avais en tête quelques villes à visiter. Finalement, nous réalisons que notre préférence demeure les destinations avec baignade, que la météo est chaude même dans les montagnes et que la saison des pluies n’est pas évidente à gérer. De plus, bien que nous adorons le Mexique, après plusieurs mois, notre Québec commence à nous manquer. Nous pensons à la saison des fraises et autre petits fruits, à faire de la randonnée en forêt et à revoir la famille et les amis. 

Conclusion de l’an 3: Six mois au Mexique c’est parfait, le Québec en été aussi.

Et maintenant?

À quand l’Amérique Centrale et du Sud? Irons-nous plus loin en camion?

Présentement la réponse est claire: non. Nous avons évaluer les options et la réalité nous rattrape. L’Amérique centrale implique plusieurs passages de frontières en peu de temps, ce qui ne nous intéresse pas. À cela s’ajouterait un envoi du camion par bateau du Panama à la Colombie. Bof.

Envoyer le camion directement en Amérique du Sud? Cette option est intéressante mais il faudra se mettre en mode « road trip » et rouler souvent puisque les pays qui nous intéressent offrent un permis touristique de 90 jours. Bouger aux trois mois pour nous qui n’aimons pas rouler c’est beaucoup alors il faut y être prêts.

L’Europe alors? Il serait facile d’envoyer notre camion outre-mer mais nous avons encore la contrainte de durée du séjour. L’espace Schengen, qui inclut la plupart des pays d’Europe, nous permet d’être sur le territoire pour une durée maximale de 90 jours sur un total de 180 jours. Nous pourrions toujours faire une demande de visa touristique pour six mois, mais ça demeure court pour envoyer notre véhicule là-bas. 

 

Alors quoi?

Le Mexique.

Avec un permis de séjour de 180 jours, il est agréable d’y venir en camion et d’y passer l’hiver en prenant notre temps. Le coût de la vie est plus faible qu’au Canada, les gens sont gentils, le pays offre de la variété et la nourriture est excellente. Y-a-t’il quelque chose de mal à opter pour la facilité?

Plusieurs voyageurs rencontrés, qui ont parcouru l’Amérique centrale et du Sud nous ont confié que c’est au Mexique qu’ils se sentent le mieux, suivi de près par la Colombie et l’Argentine qui semble grandiose. Bien que nous adorons voyager avec notre maison-roulante, peut-être opterons-nous pour un voyage familial à sac-à-dos histoire d’aller tester ces destinations et nous convaincre d’y envoyer notre camion? 

Peut-être n’avons-nous pas pensé à tout, avez-vous des suggestions?

Mais pour l’instant, profitons de l’été québécois. Les fraises sont délicieuses.

 


(English)

In 2016, when we moved into our wheelhouse to hit the road, we had great ambition. The world is ours! we said. We were heading south with the idea of ​​going far, very far.

Just before leaving, camped in a potato field.

 

Finally, the plans have changed.

Why? The story over the years.

First year on the road

At first, we wanted to see everything, which resulted in a lot of drivins. Too much driving.

We realize that going for miles is not our thing and prefer to take our time. Slow travel, linger to know better. But driving less brings frustration. We must learn to accept that it is not because we are « right next to it » that we must go. Some places are set aside and postponed to a next time perhaps.

Year 1 conclusion: driving for miles is not our cup of tea.

 

Second year on the road

Take two, we go to the other extreme, seven months at the same place. It was in Chacala, Mexico, because we wanted kids to go to school and learn Spanish. Wonderful experience, our Spanish has improved a lot, especially that of son who now takes pleasure in correcting us.

Camped by the beach in Chacala.

During these seven months we did not resist the call of adventure and chose to fly, the internal flights in Mexico being very affordable, to explore more remote corners like Merida and Oaxaca. These excursions make us want to go back with our truck.

Our second year makes us realize that Mexico is daringly large and diverse. There are of course the beaches but also mountains, rivers, seasons and even snow!

Conclusion of the year 2: we are far from having toured Mexico.

 

Third year on the road

The plan for the year is to drive to a desired location and settle there for a while. We drive to the state of Oaxaca to spend a month. Then the Yucatan, almost three months, including more than one in El Cuyo. Successful goal!

We love El Cuyo.

I thought we were getting good but finally maybe not that much because our year is not without fault. We used the « while we’re there ».

Once we reached the other end of Mexico, the south end, we decided that we would stay for the summer as well as for the following winter. I bet on the mountains to have a pleasant temperature in summer and had in mind some cities to visit. Finally, we realize that our preference remains the destinations with swimming, that the weather is hot even in the mountains and that the rainy season is not easy to manage. Moreover, although we love Mexico, after several months, our Quebec begins to miss us. We think of the strawberry and other berry season, hiking in the woods and seeing family and friends.

Conclusion of year 3: Six months in Mexico is perfect, Quebec in summer too.

 

And now?

When is Central and South America? Shall we go further by truck?

Currently the answer is clear: no. We have evaluated the options and the reality is catching up. Central America involves several border crossings in a short time, which does not interest us, and to this would be added a shipment of the truck by boat from Panama to Colombia.

Send the truck directly to South America? This option is interesting but it will be necessary to be in « road trip » mode and to drive often since the countries which interest us offer a 90 days tourist permit. Moving every three months for us who do not like driving that much means a lot so we have to be ready.

Europe then? It would be easy to send our truck overseas but we still have the length of stay constraint. The Schengen area, which includes most European countries, allows us to be on the territory for a maximum of 90 days out of a total of 180 days. We could still apply for a tourist visa for six months, but it is still short to send our vehicle there.

 

So what?

Mexico.

With a 180-day permit, it’s nice to come by truck and spend the winter taking our time. The cost of living is lower than in Canada, people are nice, the country offers variety and the food is excellent. Is there anything wrong with opting for ease?

Many travelers we met, who traveled through Central and South America, told us that it is in Mexico that they feel the best, followed closely by Colombia and Argentina, which seems grandiose. While we love to travel with our house on wheels, maybe we will go for a family backpacking trip to test these destinations and convince us to send our truck there?

But for now, let’s take advantage of the Quebec summer. Strawberries are delicious.

 

 

Rouler sa vie

Famille de 4 nomades, nous explorons le monde à bord de notre maison roulante. Family of 4 exploring the world in our house on wheels.

7 Comments:

  1. Bonjour. Très bonne analyse. Nous avons un très grand respect pour ceux qui voyagent différemment et qui peuvent aussi s’arrêter, faire le point honnêtement en écoutant ses besoins et partager.

    Nous voyageons avec des sacs à dos de 3 à 6 mois par année depuis les cinq dernières années et nous avons décidé cette année de voyager en VR (un petit classe B). Nous sommes à une quarantaine de jours de notre départ pour l’Amérique du sud et avons opté pour le bateau du Texas à la Colombie pour optimiser notre temps dans le sud (voyage de 10 mois). Nous y avons déjà passé plus de trois mois l’an dernier et c’est justement la multitude de routes et de paysages magnifiques qui nous ont incités à y retourner cette année en VR cette fois. On a très hâte d’expérimenter ce genre de voyage qui sera une première pour nous. Nous verrons ce que ça donnera mais l’important c’est de voyager autrement avec quelques pauses l’été au Québec.

    Nous vous souhaitons une excellente continuité dans « rouler votre vie » et vous suivrons dans vos histoires.

    Si cela vous tente, nous avons aussi un blogue. Cela pourra peut-être vous encourager à entreprendre un tel voyage en Amérique du sud … ou non ;-).

    Dominique et Jean-Pierre
    un tuk-tuk pour deux

  2. J’ai beaucoup d’admiration pour les choix et expériences que vous avez vécues au cour de ces trois années. Ça démontre que vous êtes des personnes qui ont soif de la vie i.e voir, connaître et partager ce monde qui nous préoccupe tant. Pour avoir voyager grandement, C’est un peu être à la recherche de soi-même tout en vivant les expériences de la vie avec un grand V. Ne lachez pas continuez votre expédition de la connaissance du monde et bravo de nous avoir fait connaitre vos aventures.

  3. Oui les fraise sont délicieuse mais il fait frais par ici😂 ah…La chaleur du Sud.

  4. Peu importe ce que sera la suite,,, vous êtes déjà très privilégiés d’avoir pu choisir cette belle saga de trois ans… C’est certain que nous sommes toujours heureux de vous savoir pas trop loin de nous!

  5. Merci pour le compte rendu intéressant. Qu’en est t’il de la sécurité au Mexique autant lorsque l’on se déplace que lorsqu’on campe. ? Est-ce sécuritaire dans certaines région plus que d’autres ? merci

    • Le sentiment de sécurité est une question très personnelle. À chacun ses limites et son degré d’acceptation de niveau de sécurité. De notre côté, nous n’avons jamais senti de craintes ou de peurs. Si vous ne baignez pas dans le trafic de drogue, vous pouvez vous en sortir facilement!

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